En 2019, le Lac du Salagou célébrera ses 50 ans. Barrage, lac artificiel, réserve d’eau et base de loisirs, son histoire aux multiples facettes est celle d’un site emblématique de l’Hérault. Aujourd’hui, le Département a mis en place un système d’alerte rendu obligatoire par l’Etat pour prévenir tout risque d’inondation.

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Les infrastructures de cet ouvrage monumental sont surveillées au quotidien grâce à l’aide d’équipements de pointe. Afin de garantir le maximum de sécurité, le Département met en place un dispositif d’alerte de la population située dans cette zone inondable en moins de 30 minutes après la rupture de l’ouvrage. En cas d’inondation, 13 communes (Brignac, Canet, Ceyras, Clermont-l’Hérault, Celles, Gignac, Lacoste, Lagamas, Le Bosc, Le Pouget, Pouzols, Saint-André-de-Sangonis, Saint-Guiraud), soit 3000 foyers, seraient concernées par de potentiels risques autour du barrage du Salagou. 


A Ceyras, Lacoste, Saint-André-de-Sangonis et Le Bosc, un réseau de 7 sirènes existe déjà. Les sirènes produisent un signal « Corne de Brume » et sont testées par essais sonores tous les trimestres, les 1ers mercredis de mars, juin, septembre et décembre à 12h15.
Pour compléter ces sirènes, le Département a confié à la société CEDRALIS le développement d’un système d’alerte basé sur le principe d’un automate d’appel permettant, en cas d’incident majeur sur le barrage, de prévenir personnellement sur les téléphones fixes et mobiles des habitants exposés, les élus locaux, les services d’urgence d’Etat, les médias et autres acteurs… L’objectif est de diffuser à grande échelle et en un minimum de temps des informations sur l’état du barrage et les consignes à suivre pour évacuer les lieux menacés. Une campagne d’essai sera réalisée une fois par an. 
Cet automate d’appels est déjà actif mais l’annuaire d’appels doit être complété pour être pleinement opérationnel. C’est l’objet de la campagne de recueil de données organisée par le Département du 1er mai au 31 août 2018 : les habitants sont invités à s’inscrire au dispositif d’alerte en communiquant leurs coordonnées auprès de leur mairie. 

Ce dispositif s’inscrit dans le plan particulier d’intervention (PPI) prescrit par l’Etat pour organiser la protection des populations, des biens et de l’environnement face aux risques particuliers liés à la présence d’ouvrages ou d’installations. La réalisation d’un PPI est obligatoire pour tous les aménagements hydrauliques qui comportent à la fois un réservoir d’une capacité égale ou supérieur à 15m3 et un barrage ou une digue d’une hauteur d’au moins 20 m. En France, une centaine de barrages sont concernés dont 2 dans l’Hérault : Monts d’Orb à Avène et le Salagou, qui représente la plus grande réserve artificielle d’eau douce de l’Hérault. Le Département a confié à la société BRL Exploitation la gestion et la surveillance de cet ouvrage. Les inspections sont très régulières et le risque d’incident voire de rupture est infime. 

Un peu d’Histoire

En 1959, la décision de construire le barrage du Salagou est prise par le Conseil Général de l’Hérault pour constituer une réserve d’eau utile à l’irrigation et pour lutter contre les crues de l’Hérault. Les travaux confiés à trois entreprises (Bec frères de Clermont-l’Hérault, Ricardo Mazza de Saint-Thibéry et la S.A. Les Grands Travaux Souterrains) durent de 1964 à 1968. Ce « barrage poids en enrochements et masque d’étanchéité en macro-béton bitumeux » est alors une véritable prouesse d’innovation technique. Le corps du barrage mesure 60 m de haut sur 357 m de long et 200 m de large à la base. 

Achevé en 1969, il se remplit en deux années seulement et donne naissance au Lac artificiel du Salagou. D’une superficie de 750 hectares, il s’étend sur les communes de Clermont l’Hérault, Liausson, Octon, Salasc, Celles et Le Puech. Son volume est de 103 millions de m3 et sa longueur atteint 7km. Sa profondeur moyenne est de 15 mètres (55 mètres au plus profond). En aval du barrage, le Salagou rejoint la Lergue qui se jette ensuite dans l’Hérault. 
Au-delà de sa vocation initiale, le Lac du Salagou représente également un véritable atout touristique pour le Département. Le rouge ocre de ses ruffes (sédiments argileux chargés en oxyde de fer) se mèle au bleu profond de l’eau du lac et aux verts multiples des roselières, forêts et vignes avoisinantes, pour constituer un paysage unique. C’est un espace de loisirs idéal pour les amateurs de baignade, de pêche et de sport (VTT, équitation, planche à voile…). De nos jours, le Lac du Salagou sert à la production d’électricité, au soutien des débits du fleuve Hérault et à «l’écopage» des canadairs pour lutter contre les incendies. Zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique (ZNIEFF), le site recèle de multiples richesses.